#FF : Fast et parfois Furieux

Revue de choses vues, entendue, lues #1

Cosmopolis de David Cronenberg est une variation autour du thème de l’homme seul dans un espace clos, ici la voiture est un condensé de l’univers alors que la violence s’impose à l’extérieur d’un véhicule obligé de rouler lentement. Bientôt les portes de la limousine ne seront plus tout à fait étanches et c’est au héros de basculer dans un monde qu’il ne maîtrise pas. Brillant au début, un peu long sur la fin (scène finale interminable), le film traite de sujets suffisamment costauds pour rester une expérience intéressante.

Prometheus de Ridley Scott, on y a cru par nostalgie, on y est allé pour l’androïde le plus sexy de l’univers, on en est revenu alors qu’on aurait voulu y rester.

Y revenir, c’est le titre du livre du musicien Dominique A (Stock). Retour comme l’indique le titre sur les lieux de mémoire de l’auteur dont Provins, ville aux confins de l’Île de France. Il évoque l’enfance et l’adolescence, périodes clés de sa vie. Sans nostalgie, mais terriblement mélancolique, si vous adorez le chanteur vous ne manquerez pas ces quelques pages émouvantes. C’est néanmoins un peu court (petite frustration) et la façon dont une certaine presse s’est emparée du livre pour le monter aux nues est loin de la modestie et de la sincérité du propos. Et il prouve qu’en France, il est souvent difficile d’accompagner esthétiquement un texte (c’est frivole peut-être, chacun ses tics) : format, couvertures etc en inadéquation…

Ce n’est pas d’actualité, mais j’ai du retard dans les lectures, si vous n’avez rien contre un gros roman copieux, totalement dépressif, très très très virtuose, plongez dans Freedom de Jonathan Frazen. Description d’une middle-class américaine analysée, remise en question durant les années Bush : fin des illusions, couple en plein naufrage, jeunesse carnassière. Un peu dilué, mais le talent de page-turner de l’auteur fait le show. Franzen en plein régime et c’est bientôt l’été quelque part, donc du temps pour lire.

Vu aussi Newton au Grand Palais, grand succès mais décevant, scénographie assez sommaire, clichés archi connus, sans surprise. Mais pour se consoler, Richter à Beaubourg est un vrai bonheur, l’approche de l’œuvre de l’artiste (chronologique) est passionnante, souvent émouvant dans ses tableaux figuratif, plus hermétique (pour moi) dans ses toiles abstraites malgré un engagement qui émerveille, surprenant pour l’hyper réalisme et toujours inattendu, ça ne se loupe pas.

© centre pompidou

L’instant nostalgie nous amène dans les pérégrinations d’Alice de Woody Allen où comment Alice de Lewis Carroll a grandi. Toujours embarquée dans des aventures insensées, Alice, bourgeoise en quête d’aventures et nourrissant le secret espoir d’écrire, cherche à réinventer sa vie et à la rendre sinon plus palpitante du moins plus poétique. Sur son chemin elle croisera quelques fantômes et surtout un fameux docteur Yang, chinois autoritaire mais compréhensif dont la science des plantes est réjouissante. On mérite tous d’avoir un docteur Yang dans sa vie.

 

 

 

 

 

 

La citation de la semaine est totalement ironique, anti docteur Yang et anti développement personnel, « je me demande foutre bien pourquoi tout le monde a tellement envie d’arriver. Je voudrais trouver quelqu’un qui aurait envie d’échouer. Un raté, il n’y a que cela de sublime ». John Dos Pasos, Manhattan Tranfer. Culte.

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A propos godsaveculture

Dernier ouvrage paru Briques à branques, Editions Cours Toujours. (Autres titres parus : Los Angeles 32, Michalon, 2008 / Les voyages égoïstes d'Antoine Ordana, Barley, 2010 / Mazurka, Mercure de France, 2012) filipemoreau@orange.fr
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