Mars déjà

IMG_20140303_110411Si vous n’avez pas eu le temps de passer par God Save Culture en février, vous trouverez en quelques mots et en un clic quelques-unes des choses qui ont eu ma préférence durant ce mois de février, et à la fin de ce post, des pistes bibliographiques pour ceux qui voudraient en savoir davantage…

*** Pour du cinéma, dans tous ses états et genres*** Steve McQueen et 12 years a slave http://wp.me/p26ANR-6N   mais aussi une plongée dans la Pologne communiste des années 60 avec Ida  http://wp.me/p26ANR-6S et enfin de l’animation japonaise avec le grand Miyazaki, Le vent se lève http://wp.me/p26ANR-6h .

*** Du cinéma et de la littérature *** avec Jarmush et Twain qui a occupé GSC trois jours durant avec l’épisode 1http://wp.me/p26ANR-6Y l’épisode 2 http://wp.me/p26ANR-78  et les deux derniers  http://wp.me/p26ANR-7c

*** De la BD et de l’histoire*** en compagnie d’Helen Keller et Annie Sullivan c’est de ce côté. http://wp.me/p26ANR-6F

 Bibliographie pour les curieux

*** Poésie *** Walt Whitman, Feuilles d’herbe, nrf, Poésie/Gallimard / William Blake, Le Mariage du Ciel et de l’Enfer, nrf, Poésie/Gallimard

*** Essais *** Stéphane Audouin-Rouzeau, Quelle histoire, Un récit de filiation (1914-2014), EHESS, Gallimard, Seuil, Hautes Etudes / Janine Trotereau, Marie Curie, Biographie, Folio / Mony Elkaïm, Si tu m’aimes, ne m’aime pas, Approche systémique et psychothérapie, Points / Gaston Bachelard, La poétique de l’espace, Quadrige, PUF

*** Fictions*** Mark Twain, Journal d’Adam, Journal d’Eve, L’oeil d’or / Alice Munro, Fugitives, Points / Joyce Carol Oates, Les Chutes, Points

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Jarmush et Twain. Episodes 3 & 4 : Portrait d’Adam, portrait d’Eve

Aujourd’hui suite et fin du dialogue entre Jarmush et Twain. Pour suivre les deux premiers épisodes suivez ces liens, épisode 1 http://wp.me/p26ANR-6Y et épisode 2 http://wp.me/p26ANR-78.

Adam chez Twain est un homme qui se déclare libre. La présence d’Eve est donc vécue comme une entrave insupportable. Peu à peu se dessine le portrait d’un homme qui se civilise, un homme qui passe progressivement de l’état de nature pour rejoindre celui de culture grâce aux pouvoirs de persuasion de la femme, à son comportement enthousiaste et à sa curiosité perpétuelle.

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La femme est une obsédée du langage, elle passe son temps à nommer les choses, à inventer des mots, à intellectualiser sans cesse, « c’est elle, la nouvelle créature, qui donne un nom à tout ce qui se présente avant même que j’aie pu protester ». Adam la qualifie dès la première phrase de son Journal : « la nouvelle créature, avec ses longs cheveux, est toujours fourrée dans mes pattes. Toujours à traîner à mes basques et à me suivre comme un petit chien. » Exaspéré par ce réflexe langagier (« une vraie mordue de l’explication »), Adam cherche à la fuir sans arrêt avant d’être captivé par Eve et par son appétit de vivre, pour finalement conclure « il est bien préférable de vivre hors du jardin avec elle que d’être resté là-bas sans elle. Au départ, j’ai pensé qu’elle parlait trop ; mais aujourd’hui, je serais le plus triste des hommes si cette voix devenait silencieuse et disparaissait de mon existence. »

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De son côté, Eve à une mission : rendre l’homme sociable. Elle avoue parler sans arrêt car « j’ai de la conversation et elle est intéressante. » Curieuse d’Adam qui ressemble pour elle à un reptile « avec des cheveux négligés et des yeux bleus. Ça n’a pas de hanches, c’est taillé en pointe, on dirait une carotte (…) ». Elle le qualifie de vulgaire, « et la gentillesse, connaît pas ! » Mais tout comme Adam était réticent à partager sa vie solitaire avec une autre créature, les deux êtres s’apprivoisent peu à peu et les perceptions mutuelles changent, « j’ai été obligée de faire les frais de la conversation tellement il était timide, mais ça ne m’a pas gênée. (…) Socialement parlant, il m’a paru flatté de ne plus faire bande à part. » Eve, au contraire d’Adam, n’est jamais méfiante, toujours positive et animée d’une énergie débordante. Du constat enfantin, les garçons sont sales, elle modifie sa description. Peu à peu, il sera question d’amour « Bien qu’il parle rarement, il dispose d’un vocabulaire d’une richesse inouïe. Ce matin, il a utilisé un mot étonnement juste. (…) Il y a chez lui une certaine qualité de perception. Il ne fait pas de doute que si on le cultive, ce germe de sensibilité ne manquera pas de croître. »

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Quand on voit le film, il est évident que nous retrouvons Adam et Eve bien longtemps après leur apprivoisement respectif. Adam a cependant conservé, tel le décrit Twain, un côté asocial inhérent à sa personnalité torturé, dandy romantique, rock star aux penchants suicidaires, reclus dans sa maison hantée, collectionneur averti, un ange de noir vêtu, mélancolique, cultivant son spleen, refusant le monde qui frappe à sa porte. Personnage intense, tout comme Adam le sensuel de Twain le devient, c’est un desdichado nervalien « mon luth constellé porte le soleil noir de la mélancolie », qui a le goût des mots, au savoir musical ultra précis et séculaire, affirmant son anonymat non comme une pose mais comme une protection. On se dit qu’Eve a réussi son œuvre. Eve, de son exil à Tanger (les personnages donnent toujours l’impression d’être cachés, en danger, protégeant leur secret envers et contre tout), est la vampire raffinée, cultivée, qui ne boit pas n’importe quel sang et qui est animée par la gourmandise pour les mots si bien décrites par Twain et ici parfaitement mise en image lors d’une très belle séquence. Twain lui prête ces mots : « Je crois pouvoir me montrer honnête sur bien des plans, mais d’ores et déjà, je me rends compte de ma vraie nature : ce qui en occupe le cœur et le noyau, c’est l’amour du beau, la passion du beau. » C’est le côté lumineux, l’ange blanc en quelque sorte malgré son état de vampire qui n’est cependant jamais mal vécu. Dans le film, Eve nomme les plantes dans le jardin d’Adam avec le plaisir de celle qui connaît les essences et leur dénomination latine, fascinée par les espèces, presque émue de les trouver dans cet espace domestiqué. Clin d’oeil biographique avec la présence du champignon vénéneux (Jarmush aurait subi une intoxication suite à l’ingestion d’un mauvais champignon) : le danger dans l’Eden, il y a toujours un serpent dans le paradis. Dans son Journal, Eve fait le constat suivant : « j’ai appris un tas de choses et me voilà instruite, ce que je n’était pas au départ. Au départ, j’étais complètement ignorante. » Adam chez Twain décrit bien Eve chez Jarmush « pour elle, le monde est un enchantement, un émerveillement, un mystère, une joie ; quand elle trouve une fleur nouvelle, c’est un tel délice qu’elle en reste coite, elle doit la câliner, la caresser, la humer, lui parler, et lui inventer toutes sortes de petits noms tendres. »

Les archétypes sont la base du travail de Jarmush et il s’en amuse. Adam et Eve ne sont pas tels que nous nous les imaginons, les vampires ne ressemblent pas aux images classiques. Rien n’a plus d’importance que l’amour profond qu’ils se portent l’un pour l’autre, quelque chose d’immortel, ils ne semblent pas craindre cet immortalité sauf Adam parfois las de vivre et souvent épuisé. Pour finir, Eve affirme « c’est moi, la première épouse ; et la dernière épouse sera faite à mon image. »

Et Jarmush faisait dire à un de ces personnages principaux de Dead Man ce vers d’un poème de William Blake qui traverse tout Only lovers… : « Certains naissent pour le délice exquis, certains pour la nuit infinie. » (Vous trouverez ci-dessous quelques toiles de William Blake sur le thème d’Adam et d’Eve)

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Jarmush et Twain. Episode 2 : La maison-nid

Hier dans Jarmush et Twain, épisode 1, nous avons évoqué les lieux extérieurs, ceux traités par Jarmush sont deux espaces en opposition, Tanger lumineuse et sensuelle, Détroit en décomposition presque rendue à son état de nature. Vous connaissez peut-être ces photos saisissantes de Détroit, je vous invite à consulter le site internet
http://www.marchandmeffre.com/detroit/  où vous trouverez l’ensemble de ces photographies dans lesquelles domine le sentiment d’abandon. De son côté, Twain évoque un paradis sauvage en cours d’être contrôlé par l’homme (il parle de « parc ») et plante son décor dans un lieu impresssionnant et symbolique, les chutes du Niagara. Enfin, l’eau comme le sang domine dans les deux œuvres. L’eau qui est toujours à proximité, l’eau image banale de la vie mais qui ne sert pas aux héros vampires, Eve dit dans le film que Détroit revivra car il y a de l’eau; échos aux préoccupations écologiques et à la guerre future de l’eau. Aujourd’hui dans Jarmush et Twain, épisode 2, on s’intéresse à l’univers intime de la maison, le nid, le refuge.

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Photo par Annie Lebovitz

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Dans le désir d’accompagner ses personnages dans des extérieurs dangereux pour eux, le cinéaste s’attache à recréer leur intérieur respectif, dans une dialectique du dedans et du dehors chère à Bachelard dans La poétique de l’espace. Adam artiste torturé, musicien secret et énigmatique est entouré par des instruments de musique, un intérieur sombre voire obscur, relié comme un grand malade à ses machines d’un autre âge, les fils électriques parcourent les espaces clos, confinés, fermés et protégés des curieux et ouverts uniquement à une personne qui fait le lien. Le monde extérieur représente un danger en permanence, il faut s’en protéger absolument. Mais, paradoxe, ce monde est aussi détesté qu’indispensable à la survie d’Adam et d’Eve ; ils doivent négocier (surtout Adam) avec les humains (les « zombis ») avant de vite s’enfermer dans leur univers.

Cependant, tout le temps, Adam est visité par des jeunes, admiratifs de la musique mystérieuse et obsédante qu’il crée. Et la nuit, la lumière faible est perçue de l’extérieur comme un signe de vie, un espoir pour les autres, « la lampe à la fenêtre est l’œil de la maison » écrit Bachelard qui ajoute « la lampe veille, donc elle surveille. Plus étroit est le filet de lumière, plus pénétrante est la surveillance ».

Dans le Journal d’Adam, l’homme est aussi sans cesse en recherche d’intimité, d’enfermement alors que l’espace s’ouvre à lui, infini. Il passe son temps à grimper aux arbres et à se construire des cabanes, il fuit la présence d’Eve au début, effrayé par cette créature qui s’invite dans sa vie et qu’il ne comprend pas.

Eve, comme elle le revendique dans son journal, est une personne sociable. Dans le film, elle se lie plus facilement aux autres avec une distance élégante donnant à ce personnage une certain douceur. Son intérieur, tout comme celui d’Adam, est un nid raffiné et structuré malgré le désordre livresque qui l’habite, une ambiance surannée, un peu poussiéreuse, « une maison-nid n’est jamais jeune. (…) On y revient, on rêve d’y revenir comme l’oiseau revient au nid (…). Ce signe du retour marque d’infinies rêveries. », et surtout ce que Bachelard note et qui pourrait définir le film « sur les images rapprochées du nid et de la maison retentit une composante intime de fidélité ».

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A suivre demain pour l’épisode 3 !

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Jarmush et Twain. Episode 1 : De l’eau et du sang

Si vous n’avez pas encore vu le dernier film de Jim Jarmush Only lovers left alive, il est temps de vous précipiter au cinéma. Vénéneux et romanesque, hypnotique et sensuel, le film est sans cesse parcouru par la recherche d’absolu romantique, traversé par l’humour, baignant dans une atmosphère langoureuse. Le corps en mouvement, les vampires sont bien vivants, ils mènent une hyper vie où l’ont-ils menée ; le film s’ouvre sur des corps immobiles, solitaires, extatiques avant que ne s’amorcent les bouleversements.

only-lovers-left-alive02Au lieu de traiter de l’exercice de style de Jarmush, c’est au regard d’une de ses sources d’inspiration que je vous propose de relire le film, à savoir Journal d’Adam et Journal d’Eve de Mark Twain.

Mark Twain avait suffisamment d’humour pour proposer sa version de la Genèse en faisant parler les deux protagonistes principaux, le premier couple au monde selon la Bible coupable d’avoir brisé un tabou en goûtant les fruits du savoir.

Tout d’abord, on s’intéresse aux lieux et Jarmush attache une importance considérable aux endroits, aux maisons, aux paysages. Twain situe son Eden au pied des chutes du Niagara, présence continue de l’eau, symbolisme de la « chute » autant géologique que biblique. Adam et Eve ont installé leur vie dans ce cadre puissant et spectaculaire, zone de contact géographique et frontière naturelle avec le Canada : « Quel spectacle merveilleux que de voir cette énorme immensité d’eau faire la culbute en contrebas ! » L’eau est omniprésente dans les larmes d’Eve, dans les flots tumultueux du Niagara. Dans le film, l’eau tient une place déterminante, les villes dans lesquelles vivent les deux amants alors séparés sont cernées par l’eau. Détroit et Tanger sont aussi des villes de contact, Détroit si proche du Canada et Tanger ville chérie des poètes et des artistes puise sa magie et son attrait par la mer et son regard est sans cesse tourné vers l’Europe. Faut-il rappeler aussi que Tanger est située au niveau du détroit de Gibraltar ?

Il y a chez Jarmush une recherche continue de parallélisme malgré les contraires, Détroit était la cité industrielle du progrès, de la mobilité avec la construction automobile, de la révolution musicale ; aujourd’hui en faillite, abîmée, en cour de destruction, elle est exsangue et Adam participe de cet épuisement en achetant des litres de sang à l’hôpital à un dealer d’un nouveau genre.

Tanger où vit Eve garde cet aspect arty un brin nostalgique, grouillant de vie, on y deale aussi de tout et surtout de la drogue, la ville d’une certaine façon reste hantée comme Détroit, elle conserve sa patine du passé. Du moins Eve continue d’y croire. Détroit est une ville vide, désœuvrée, pathétique et décrépite, Tanger reste en vie, sensuelle, tortueuse et fascinante.

Mark Twain, Journal d’Adam & Journal d’Eve, traduit de l’américain par Freddy Michalski, L’oeil d’or.

A suivre demain !

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Des Antigone polonaises

Ida Pawel Pawlikowski

En Pologne, dans les années 1960, Ida est envoyée dans le monde avant de prononcer ses vœux et de rentrer dans les ordres pour toujours. Renouant avec sa tante, elle apprend peu à peu la vérité sur ses parents tués pendant la guerre, elle découvre également sa judaïté. Les deux femmes se rendent dans le village familial où toutes traces de ses parents ont disparu jusqu’au moment où les langues se délient enfin et qu’elles obtiennent des informations sur l’endroit où est enterrée une partie de la famille dont le fils de sa tante. Sensible et très émouvant, le film suit les trajectoires de la tante et de la nièce. La tante est une femme élégante et fragile, errant sans cesse dans les douleurs passées. Elle se bat contre elle-même, son alcoolisme, la consolation semble impossible, son destin tragique s’inscrit dans son attitude, l’abandon pour atténuer la douleur. Ida a la jeunesse pour elle, sa foi en Dieu, une obstination discrète mais authentique, cherchant la vérité, l’obtient, elle cherche à se confronter au monde extérieur, loin de l’atmosphère morne mais protégée du couvent et sa décision finale, au regard d’un film plein de rebondissements, est inattendue peut-être mais cohérente au regard de sa recherche d’absolu. C’est un film délicat, renforcé par sa mise en scène : plans serrés qui valorisent les visages souvent au bord du cadre comme si quelque chose constamment planait au dessus d’eux (Dieu, la fatalité, l’espoir?), caméra fixe qui se fait à la fin tremblante, heurtée, au rythme de la marche et de la respiration de Ida, noir et blanc graphique. Le cinéaste qui avait réussi une adaptation de Douglas Kennedy, La femme du Ve, offre un nouveau dialogue avec les fantômes, les vivants et les morts, son film est une constante variation autour de ces thèmes et ses images en permanence illustrent ce propos. Un sentiment de grande sensibilité se dégage de ce film qui ne lâche jamais les corps. Ida et sa tante sont des Antigone ; elles retrouvent leur instinct primitif lors d’une incroyable scène d’excavation des ossements de leurs proches dans une forêt afin de leur offrir une sépulture décente. C’est en traitant cet archétype fondamental avec le courage de le faire avec pudeur que ce film est le plus bouleversant.

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Cinéma ambigu

12 years a slave Steve McQueen

McQueen ne fait pas des films sympathiques. Ceux qui ont mal vécu Hunger et Shame retrouveront avec angoisse ce qui avait auparavant marqué ses deux films précédents ; une façon provocatrice d’interpeller le spectateur en s’appuyant sur des images chocs. Le film ne déroge pas à la règle et le sujet, un noir américain libre devient, à la fin du XIXe siècle, esclave, aux mains d’un esclavagiste pervers, est le creuset de toutes les horreurs dont sont capables les hommes. La violence brute montrée est cependant au service de la dénonciation et au risque de passer pour de la complaisance, les scènes de pure atrocité appuient le propos du cinéaste. La longueur insoutenable des moments de sévices corporels s’étirent pour susciter la colère, mais peuvent aussi déranger. C’est un cinéma ambigu, plans recherchés en décalage avec ce qui est montré à l’intérieur du cadre, personnage principal entre courage et compromission, corps martyrisés et corps libres. La trajectoire navigue sans cesse entre des sentiments contradictoires et empêche de tomber dans le manichéisme, la naïveté, la facilité. Et comme l’affiche le démontre, le personnage court sans cesse vers son passé, son seul avenir.  http://www.imdb.com/video/imdb/vi302032921/?ref_=tt_ov_vi

12-years-a-slave-posterEt demain sur GSC Ida de Pawel Pawlikowski

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Helen Keller, mythe américain

Tout le monde (ou presque) connaît l’histoire d’Helen Keller (1880-1968), sourde muette et aveugle. Vivant comme un enfant sauvage, sa vie connaît un tournant décisif  quand est engagée auprès d’elle une préceptrice, Annie Sullivan. La jeune femme a elle-même connu une enfance misérable entre abandons dans de sordides institutions et lutte contre la maladie. Elle prend à cœur d’éduquer la petite fille et ses efforts au départ laborieux se soldent par une réussite exceptionnelle en parvenant à communiquer la langue des signes à Helen, en signant dans sa main. L’événement fondateur, lorsque Helen parvient à faire le lien entre le mot et la chose (faire correspondre le mot « eau » avec l’eau du puits) est un moment bouleversant qui continue à nous émouvoir plus d’un siècle après les faits. La BD, sobrement intitulée Annie Sullivan & Helen Keller, est une parfaite évocation de la vie d’Helen et celle, d’une importance cruciale, d’Annie Sullivan. La jeune femme pour qui la situation d’Helen a d’énormes résonances est obstinée, dévouée, volontaire, on comprend que l’auteur ait décidé de traiter en priorité le parcours de Sullivan, son passé, ses méthodes pédagogiques, ses liens avec l’enfant. Histoire édifiante bien entendu dorénavant auréolée d’un aspect mythique, la vie des deux personnages est ici traitée avec conviction grâce au dessin délicat de Joseph Lambert, un style simple, une façon toujours dynamique de nous conduire à travers le labyrinthe qu’est le cerveau de la petite fille. A ce titre, l’auteur sait capter les sentiments et les progrès de Keller en nous immergeant dans ses pensées en ayant recourt à des variations de style. Efficace et toujours à fleur de peau.

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Pour vous convaincre de vous plonger dans cette BD retrouvez les premières pages de l’album en suivant ce lien http://www.bdgest.com/preview-1366-BD-annie-sullivan-helen-keller-recit-complet.html?_ga=1.191800938.156662669.1391975875

Enfin, un autre média : Miracle en Alabama d’Arthur Penn, est un film qui a fait date. http://www.imdb.com/video/screenplay/vi598017305/?ref_=tt_ov_vi

Couv_198501Demain sur GSC : cinéma

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